le courlis cendré

Numenius arquata


Famille : Scolopacidés
Taille : 51 à 61 cm (dont 9-15 cm pour le bec).
Envergure : 89-106 cm.
Poids : mâle 575-800 gr, femelle 675-950 gr.
Âge maximum : 32 ans
Survie des adultes : 74 %

Aspect

Le courlis cendré est le plus grand des limicoles. Il possède de longues pattes et est pourvu d'un bec très long et courbé vers le bas depuis sa base. Il est plus long chez les femelles que chez les mâles. Les juvéniles ont un bec plus court que celui des adultes. Au printemps, la couleur de base du plumage est brun-orangé ou brun ocre soutenu chez les deux sexes, mais elle passe au beige clair en été. Le dessus est strié de marron clair et foncé, le dessous est brun-beige rayé sur la poitrine et marqué de chevrons noirs sur le ventre. Il a un croupion blanc. Sa tête et sa nuque sont zébrées. En vol, le dessus des ailes et du dos brun clair contraste avec les rémiges primaires brun foncé.

Le courlis cendré peut seulement être confondu avec le Courlis corlieu, moins commun. La tête ne montre pas le dessin caractéristique de celle du courlis corlieu ; le dessous est plutôt rayé que tacheté. Le Courlis corlieu est plus petit et la courbure de son bec est moins prononcée. En vol, le croupion d'un blanc lumineux, ainsi que le long bec courbé du courlis cendré permettent de l'identifier aisément.

Comportement

Il arrive dès la fin du mois de février sur son territoire de nidification. L'été venu, les courlis se rassemblent en troupes et se dirigent principalement vers les côtes. A la mauvaise saison, une partie de la population émigre vers le sud, surtout vers la région méditerranéenne. Très farouches, ils se tiennent toujours sur leur garde, et la moindre alerte déclenche leur envol. Le seul moyen de les approcher est d'imiter leur cri. On les surprend souvent à se battre en plein ciel contre une buse ou parfois des corbeaux.
En vol, le courlis cendré a des battements d'ailes assez lents, un peu comme un goéland.

Habitat

En été, le courlis cendré s'observe dans les prairies humides ou marécageuses, les landes humides en plaine, les landes et les tourbières d'altitude (vers 1 000 m). D'avril à juin-septembre les migrateurs fréquentent les littoraux, les estuaires, les vasières littorales et les champs situés à proximité. En France, les principales populations nicheuses de Courlis cendré occupent la plaine d'Alsace, la Lorraine, le Val de Saône, la Bretagne et la Normandie.


Aire de répartition

Le courlis cendré niche en Eurasie jusqu'à l'est de la Sibérie et hiverne sur les rivages, jusqu'à l'Afrique du Sud et Sumatra. En Europe, il est absent l'été de la péninsule Ibérique et du bassin méditerranéen.

En France, il y a deux populations principales : l'une, en déclin, sur la façade atlantique, l'autre, en progression, installée dans l'Est depuis le début du siècle. La première reste le long des côtes, l'autre migre vers le sud-ouest.

Reproduction

Période de nidification : d'avril à juin.

Nombre de couvaisons : une couvée.

Nombre d'œufs : 3 à 5 œufs brun olive avec des taches sombres.

Incubation : 27 à 29 jours (femelle).

Nid : Il est construit dans une dépression du sol, choisi dans un endroit sec avec une végétation basse. Il est garni de quelques herbes sèches.

Envol : 32 à 38 jours (mâle et femelle).

Jeunes : Nidifuges. Ils sont plutôt élevés par les mâles.

Emancipation : 35 à 42 jours.

Plumage juvénile : 2 mois

Première nidification : 2 ans

Migration

C'est un migrateur partiel. La plupart des oiseaux nichant en Europe se déplacent vers l'ouest pour hiverner à l'intérieur des terres. Des milliers de courlis viennent hiverner en France, surtout le long de l'Atlantique, au bord de la Méditerranée et des grands plans d'eau intérieurs. Ici, dans le Saulnois, il vient s'installer au printemps et nous quitte en automne pour aller dans le Sud-Ouest.

Vol

Au vol, ses ailes cassées, son croupion blanc et son long bec permettent de l'identifier facilement. Son vol est direct et soutenu. A grande hauteur, ses battements alors plus lents, rappellent ceux des laridés (mouette, goéland). Pendant les parades nuptiales , le mâle prend de la hauteur en lançant des sons flûtés assez graves qui se transforment en trilles plaintifs lors de la descente.


Chant

Chant très mélodieux et flûté : « cour-li ».


Nourriture

Insectes et leurs larves, araignées, vers marin, lombrics, escargots, petits crustacés et coquillages, ainsi que des baies en automne. Parfois des graines. Son long bec particulièrement adapté à la capture de vers et de mollusques sonde profondément la vase. A l'extrémité, des cellules très sensibles au toucher lui permettent de localiser ses proies. Dans les secteurs prairiaux où il niche, le Courlis consomme beaucoup d'insectes et de lombrics.

Protection / Menaces

En France, la population hivernante est en déclin et la population nicheuse est à surveiller.
En Lorraine comme ailleurs, il est victime :
- de la disparition des prairies humides de fauche au profit des terres labourées
- de l'extension du drainage et du remplacement du foin par de l'ensilage de maïs,
- de l'intensification de la conduite des prairies :
- du damage des prairies au printemps visant à égaliser les taupinières et entraînant une destruction systématique des couvées précoces,
- de l'apport d'amendements qui stimule la croissance de la couverture herbacée qui devient trop haute et trop dense, donc impropre à l'élevage des nichées (surveillance du territoire difficile, déplacement des poussins entravé…)
- de la fauche précoce des prairies pour l'ensilage de l'herbe qui réduit à néant toute chance de réussite pour la nidification du Courlis.
Les pratiques agricoles affectant les lieux de reproduction jouent donc un rôle déterminant dans le maintien de nos populations nicheuses.

C'est pourquoi il existe depuis quelque années des mesures agri-environnementales permettant d'appliquer aux zones de nidification du Courlis cendré (et du Râle des genêts) une gestion agricole adaptée : la vallée de la Meuse fait actuellement l'objet d'un article 21-24 c'est-à-dire qu'en contrepartie de compensations financières, les agriculteurs acceptent de faucher plus tardivement pour permettre aux nichées de prendre leur envol.

Statut

Espèce non protégée en France (liste orange). Espèce chassable !

36 autres espèces de la même famille :
Barge à queue noire
Barge rousse
Bécasse des bois
Bécasseau cocorli
Bécasseau de Baird
Bécasseau de Bonaparte
Bécasseau de Temminck
Bécasseau falcinelle
Bécasseau maubèche
Bécasseau minute
Bécasseau rousset
Bécasseau sanderling

Bécasseau semipalmé
Bécasseau tacheté
Bécasseau variable
Bécasseau violet
Bécassin à long bec
Bécassine des marais
Bécassine double
Bécassine sourde
Chevalier à pattes jaunes
Chevalier aboyeur
Chevalier arlequin
Chevalier bargette
Chevalier culblanc

Chevalier gambette
Chevalier guignette
Chevalier stagnatile
Chevalier sylvain
Combattant varié
Courlis corlieu
Phalarope à bec étroit
Phalarope à bec large
Phalarope de Wilson
Tournepierre à collier
Vanneau huppé